I'm travelling today to the UN international climate talks in Poznan on a mission to report on the activities of European corporate lobbyists there.
Supposed tough EU measures to tackle climate change have been dramatically weakened following a broad lobbying campaign by different sectors of industry, a new report from Corporate Europe Observatory shows. Industry has successfully argued that tough measures in Europe will make them vulnerable to global competition.
Will European business lobbyists try to water-down UN policies as well, in cooperation with their global colleagues? What argument will they use this time?
As negotiations in the EU continue in the run up to the 11-12 December summit, business is pushing to blur the 20% target for renewable energy. Key industry sectors have lobbied to reduce the impacts of measures to cut greenhouse gas emissions. Bizarrely, the EU will have to conduct international negotiations for a global policy framework while all this is going on.
Will the EU give a good account of its fine rhetoric of the 'global climate champion' or will it cede to weakening business pressures?
Thursday, 4 December 2008
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Poznan: l'impasse économique
Analyse.
Pierre Veya
Vendredi 5 décembre 2008
L'industrie automobile européenne a gagné son bras de fer: elle obtient des délais pour mettre en place une flotte de voitures plus respectueuses de l'environnement et échappera sans doute aux amendes. C'est une victoire pour la France qui a arraché le compromis mais un camouflet pour le Parlement européen qui s'était fortement engagé envers un durcissement des normes afin de tenir les engagements climatiques de l'Union. Samedi, il est probable que Nicolas Sarkozy parvienne à un second compromis sur le paquet «climat-énergie» des 27. L'objectif initial de l'Europe est triple: réduire de 20% ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, porter à 20% la part des énergies renouvelables dans la consommation et réaliser 20% d'économies d'énergie. La présidence française, sous la pression de plusieurs Etats et lobbies industriels, veut assouplir ses objectifs, notamment en négociant un nouveau calendrier et en étendant le régime des exceptions. A Gdansk, qui accueille un mini-sommet européen en parallèle de la réunion de Poznan, l'Europe sauvera peut-être son unité, mais les compromis négociés par la France retentissent comme un avertissement.
Les Etats mesurent à Poznan le prix de leur inaction. Comme l'explique l'Agence internationale de l'énergie dans ses dernières mises en garde, tous les pays, à l'exception des pays nordiques, ont tardé à prendre des mesures et surtout à se doter de mécanismes solides permettant de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre à un rythme compatible avec leurs engagements. Alors que les rapports scientifiques confirment que les risques liés au réchauffement augmentent dangereusement et se manifestent déjà sans doute avec une certaine régularité dans les régions subsahariennes (sécheresses, inondations, etc.), les pays touchés restent sans moyens. Et lorsqu'ils existent, comme c'est le cas en Europe avec la bourse d'échange des droits de polluer, leur contribution demeure très marginale et entachée par les scandales d'une gestion onusienne déplorable.
Seul acquis récent, l'idée qui consiste à décourager par une taxe carbone le recours massif aux énergies fossiles n'est plus contestée dans son principe. Si les économistes préfèrent une taxe carbone prélevée chez le consommateur et redistribuée par les gouvernements, il est probable que l'on s'en tienne à une bourse aux enchères des droits de polluer (la taxe prélevée chez le consommateur est redistribuée aux industriels vertueux), voire que l'on adopte un système mixte. Selon les experts, les technologies vertes et les économies d'énergie pourraient s'imposer à partir d'une taxe carbone de 50 à 100 dollars la tonne, ce qui aurait pour conséquence de renchérir le prix de l'énergie de 10 à 20%. Mais, pour bien fonctionner et ne pas entraîner des délocalisations environnementales opportunes, la taxe carbone devrait être la même partout sur la planète. Les grands pays du Sud, Brésil, Chine et Inde, s'y opposent. Ils estiment que le fardeau doit être porté par ceux qui sont à l'origine du problème, les pays développés. Ils n'accepteront de se joindre à l'effort que si les pays développés accélèrent leurs transferts financiers et technologiques vers le Sud. Bien plus sans doute que les différends à l'OMC, la question climatique devient centrale dans le jeu diplomatique. L'Afrique, qui craint d'être mise hors jeu dans la partie qui se trame entre grandes puissances, s'est rapprochée lundi de l'Union européenne. Les réalités climatiques locales poussent les pays les plus vulnérables à se mobiliser, car les dégâts causés par la sécheresse et les inondations, peu importnt leurs origines, agissent de plus en plus comme les prémices des catastrophes qui attendent l'humanité.
Le rapport Stern (2006) évaluait les transferts nécessaires à l'adaptation aux changements climatiques dans une fourchette comprise entre 4 et 37 milliards de dollars annuels. Pour bon nombre d'experts, cette fourchette est sans doute insuffisante et doit être revue à la hausse. Les Etats-Unis et l'Europe promettent bien d'aider les pays qui bénéficieront peu du commerce des droits de polluer, mais le blocage des budgets contredit leurs promesses. Et surtout, les gouvernements pris à la gorge par la crise financière et la récession qui s'installe n'ont aucune envie d'affronter une opinion publique qui refuse, par principe, toute hausse des prix de l'énergie. Même en Suisse, rares sont les consommateurs finaux (les ménages) qui acceptent l'idée d'une hausse tendancielle des prix de l'énergie, y compris ceux de l'électricité.
Un effort de transparence sur les prix devient indispensable pour que les consommateurs comprennent à quoi correspondent les taxes qui seront prélevées au nom d'un intérêt supérieur de l'humanité. Les investisseurs, eux, ont besoin d'un cadre réglementaire incitatif stable et prévisible (taxe sur le carbone, bourse d'échange des droits de polluer) qui leur permette de réorienter les investissements dans la bonne direction. Cette «vision commune» que tentera d'atteindre la conférence de Poznan dans sa déclaration finale ne pourra réussir que si tous les Etats obtiennent l'assurance que les efforts à accomplir sont équitables. Ces efforts, qui correspondent selon certaines estimations à 1% de la croissance mondiale, pourraient même être allégés et devenir lucratifs s'ils déclenchaient une «bulle verte» à laquelle songent les conseillers du président Barack Obama. Car si les bulles sont toujours dangereuses, elles ne sont pas toutes de la même nature. L'éclatement de la bulle «Internet» fit assurément de gros dégâts mais a valu au monde d'effectuer un bond de géant dans le monde du tout numérique. Avec l'énergie, la clé pour le climat, c'est un changement radical du système économique mondial qui est en jeu. On comprend que les acteurs y réfléchissent à deux fois, mais ne pas vouloir prendre un risque pourrait nous valoir de très mauvaises surprises environnementales et in fine économiques. Le naufrage de l'industrie automobile illustre le prix de l'aveuglement.
http://www.letemps.ch/template/economie.asp?page=9&contenuPage=&article=245451
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